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Des professions, au fort pouvoir d'évocation, marquent l'imaginaire d'un peuple.
Les infirmières de colonie, véritables médecins de campagne, appartiennent à
cette catégorie. La "garde" est un personnage aussi important que le
curé ou l'institutrice. En 1972, on abolit le Service médical aux colons, mis
sur pied en 1936, et avec lui, le poste d'infirmière de colonie.
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Images
tirées de la couverture du documentaire de l'ONF "L'Infirmière
rurale" 1952 (photo digitalisée) |
L'Office national du film leur consacre un documentaire
en 1952 (extrait visuel). La télésérie Blanche, diffusée sur les ondes de la
Société Radio-Canada, il y a quelques années, était directement inspirée de
la vie de "garde" Blanche Pronovost qui arriva en mars 1936 à
Villebois, comté d'Abitibi-ouest. Il n'y a pas de route et, en hiver, elle se déplace
en traîneau à chien et l'été, en bateau hors-bord sur la rivière Turgeon.
À l'époque, les infirmières ont l'autorisation, en cas d'urgence, d'exercer
des actes médicaux habituellement réservés aux médecins. En général, elles
donnent des soins aux accidentés, pratiquent des chirurgies mineures,
s'occupent d'hygiène pré et post-natale, des immunisations et de l'hygiène
scolaire. Leur principale tâche est de pratiquer des accouchements alors que le
métier de sage-femme n'est pas reconnu. De plus, elles remplissent des
fonctions religieuses car elles ont l'autorisation d'ondoyer (baptiser
sous condition) les bébés délicats.
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Garde
Pronovost faisant des provisions d'eau potable
Source : ANQ-ATNQ, Fonds du Comité
Villebois 35-85, p74/88 |
Blanche Pronovost
1936
Source : ANQ-ATNQ, Fonds du Comité
Villebois 35-85, p74/88 |
Leur pratique va de pair avec l'existence du
dispensaire. Quelques cinquante dispensaires sont ouverts et mis en opération
dans les colonies de l'Abitibi et du Témiscamingue à partir de 1934. Leur
construction répond à des normes précises tant au chapitre de l'architecture
que de l'équipement en place. Grâce à la clairvoyance de "garde"
Gertrude Duchemin et à l'acharnement du milieu, le dispensaire de La Corne fait
maintenant partie du circuit touristique. Elle y a travaillé de 1936 à 1976 et
l'a habité jusqu'à sa mort survenue en 1990. Elle avait exprimé le désir de
voir son dispensaire accueillir le public afin de faire connaître le travail et
la vie d'infirmière de colonie.
Ce site web s'inscrit dans la même foulée et répond
aux mêmes idéaux soit rendre hommage aux pionniers de l'Abitibi-Témiscamingue
et faire connaître leurs réalisations aux générations plus jeunes. On le
souhaite d'intérêt pour les férus d'histoire et utile au milieu scolaire.
REMERCIEMENTS
L'élaboration de ce site a été rendu possible grâce à l'apport de certaines personnes que
nous souhaitons remercier. Nicole Garceau, comédienne, a généreusement prêté
sa voix pour évoquer le travail des sages-femmes.
L'essence du travail provient de La Société
d'histoire d'Amos. Comptant sur des Fonds variés et un inventaire numérique
précis, notre recherche en a grandement bénéficié. La collaboration
exemplaire et le professionnalisme de Josée St-Jean, technicienne en
documentation, ont grandement facilité le travail à distance.
L'étude réalisée en 1986, par Diane Caouette pour La
Société d'histoire d'Amos, intitulée Répertoire des dispensaires de
l'Abitibi-Témiscamingue constitue l'assise de notre propos, tout comme
celle de Sylvie Lacroix, en 1983, intitulée Les infirmières de colonie.
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Le
Dr Bigué
Source : ANQ-ATNQ, p 117-5/119. |
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