LE MILIEU HOSPITALIER

 

       

Le Service médical aux colons permettait l'accès gratuit à divers services médicaux grâce à la « Carte de colon ». De plus, chaque colonie pouvait disposer des services d'une infirmière compétente. Le médecin hygiéniste assurait un suivi au travail de ces infirmières. Ainsi, il vérifiait la liste des médicaments qu'elles achetaient et leur rendait visite, généralement une fois par mois. Il arrivait, par contre, que certaines "colonies" éloignées ne soient visitées qu'une fois l'an. Lors de ces visites, le médecin hygiéniste rencontrait des patients au cas litigieux ou discutait avec l'infirmière de certains problèmes qu'elle rencontrait dans sa pratique ; en somme, l'action du médecin demeurait sporadique. Les Infirmières de colonie travaillaient seules et, contrairement aux infirmières des Unités sanitaires, elles ne faisaient que de la médecine curative. Elles jouaient véritablement le rôle de médecin de campagne.
 

Tournée de la croix-rouge (1946)
Source :ANQ-ATNQ, Fonds Canadien National, p213/16.

       

Pendant près de vingt ans, l'Abitibi-Témiscamingue n'est desservie que par trois hôpitaux: Amos, Noranda et Ville-Marie. L'hôpital Ste-Thérèse d'Amos n'offrait que trente-cinq lits et celui de Noranda était tout aussi petit; quant à l'hôpital Ste-Famille de Ville-Marie, il pouvait recevoir soixante malades. Il va sans dire que cela suffisait à peine à répondre aux besoins des paroisses organisées, par conséquent, l'Infirmière de colonie ne pouvait s'y fier qu'en cas d'extrême urgence. Heureusement, il y avait des médecins dans la plupart de ces paroisses; ils apportaient une aide précieuse aux Infirmières de colonie surtout quand il s'agissait de cas graves et nécessitant une évacuation d'urgence vers un centre hospitalier.
 

       

À partir de 1949, il y eu une nette amélioration des services hospitaliers. D'abord avec l'agrandissement des hôpitaux existants, puis avec l'ouverture de l'hôpital de Val D'Or en 1950 et de celui de La Sarre en 1958. Dans ces années-là, on commençait à y diriger les gens des colonies.

 

Étudiantes à l'école d'infirmières d'Youville (1930)
Source : ANQ-ATNQ, Coll. de l'AFEAS, p 164.

 

 

 

LES REMÈDES POPULAIRES



- Brûlure :

« Envelopper la partie brûlée dans l'argile. » (Madame W. Higgins, Rouyn).
 

-Charbon (maladie du) :
« Navet cuit écrasé et entourer la patte du cheval. Garder la compresse chaude. » (Madame Ayotte, Guérin)
 

- Clou :
« Du savon pis de la mélasse détrempée fait mûrir un clou rapidement. » (Madame Ayotte, Guérin.)
 

- Clou dans le pied :

« ça c'était une couenne de lard salé pour le pied. » (Madame Ayotte, Guérin.)
 

- Cœur (maladies de) :

«  Pincée de poils de porc-épic juste échaudée; un petit verre trois fois par jour. » (Madame Ayotte, Guérin.)
 

- Coqueluche :

«  Nous autres, c'était du suif de mouton fondu. Du suif c'était pas tout à fait comme de la crotte, c'ta' ben meilleur, mais c'ta' pas trop bon. On prenait une gorgée de temps en temps, une cuillerée à soupe chaude, et puis c'était avec ça qu'on passait nos rhumes, notre coqueluche. Le suif était fondu dans une poêle pis y mettait du sirop, c'était du sirop de suif de mouton. Du sirop de crotte de mouton, j'en ai jamais pris. J'en ai entendu par- Ier assez souvent. C'était surtout pour la coqueluche ces choses-là. Le suif de mouton, c'était pas bon, mais buvable. On prétendait que la toux arrêtait. » (Monsieur Démeri Létourneau, Rouyn-Noranda.)
 

- Diarrhée :

«  Quand les petits bébés avaient la diarrhée, on échaudait les feuilles du fraisier. On faisait juste échauder, y en a qui faisait bouillir. » (Madame Ayotte, Guérin.)
 

- Fièvre :

« On buvait de la tisane d'herbe à dinde et de baume. » (Madame Ayotte, Guérin.)
 

- Fronde -Bouton :

«  Pour faire aboutir une fronde ou un panaris, moi je me suis fait aboutir un panaris avec ça. On a pris du fumier de vache (excréments) pis a l'a faite chauffer, j'ai entortillé mon pouce, c'était un panaris que j'avais et pis j'avais pas dormi pendant trois jours pis dans la nuit j'me suis endormie pis le lendemain matin j'me suis réveillée pis mon panaris était abouti, pis mon doigt était sur le bon bord, y était en train de guérir. » (Madame Rémi Jodoin, Rouyn-Noranda)
 

- Grippe :

«  L'anis sauvage dans la boisson (whisky). » (Madame Ayotte, Guérin)
 

- Hémorroïdes :

« C'éta' de la térébenthine pure mais fallait pas rester au ras quand il mettait ça parce que ça chauffe. Ça brûla', c'était pas endurable. » (Madame Ayotte, Guérin.)
 

- Méningite :

« De la cervelle de cochon. Vous mettez la cervelle de cochon directement sur la tête et dans trois heures, la cervelle est sèche, sèche, sèche. » (Monsieur L. Généreux, Guérin)
 

- Purgation :

«  Une chopine de mélasse et 9 cuillères à soupe de souffre et mélanger. Une cuillérée à soupe trois fois par jour avant les repas neuf jours de suite, arrêt de neuf jours et reprendre. »
 

- Les reins :

«  La queue de renard (herbe) échaudée. Buvez l'eau pour le mal de rein. »
 

- Rhume :

« Sirop d'oignon. Un gros oignon rouge tranché. Un rang d'oignon, un rang de sucre, un rang d'oignon, un rang de sucre. Laisser reposer. Le lendemain buvez le sirop. Bin mauvais à prendre. » (Madame Ayotte, Guérin)
 

- Sang (arrêter le) :

«  Avec de la farine. »  (Madame Ayotte, Guérin)
 

- Sang (purification du) :

« Ce sont des racines de chardon, et puis on en prend 15, 17 ou 19. Tu les ébouillantes, tu laisses refroidir et pis tu bois l'eau, autant que possible tu bois l'eau à jeun le matin ou le soir avant le coucher. » (Madame Rémi Jodoin, Rouyn-Noranda)
 

- Scarlatine :

« Prendre des bains de son à vache. Mettre un grand bol de son dans la cuve. » (Madame W. Higgins, Rouyn)
 

- Tête (mal de) :

« On utilisait des tranches de patates. On metta' du sel là-dessus pis on se metta' ça sur le front avec un bandeau, le mal de tête s'en alla'. Pour moé, c'était rien que de la fraîche comme je peux voir astheure. » (Madame Ayotte, Guérin)
 

- Uriner, (incapable d') :

« Trancher mince la racine de la Belle Angélique et juste échauder. Ou la racine de chiendent échaudée. » (Madame Ayotte, Guérin)
 

- Verrures (verrues) :

« On peut faire disparaître n'importe quelles sortes de verrures avec du pain et du vinaigre. On trempe le pain dans le vinaigre, on le met sur la verrure, pis on entortille le doigt pis on laisse toute la nuit. Pis le lendemain matin, la verrure est noire, il ne faut pas s'affoler de cela, si est pas tombée dans la journée, on en met le lendemain soir, on peut faire cela pendant 3 jours de temps, y'a pas de verrures qui peut résister à cela. Ça disparaît complètement. Y'a d'autres choses aussi, y'a les pelures de patates, on prend une épelure de patate pis on la tourne 3 tours sur un bord, 3 tours sur un autre pis on la garoche par- dessus notre tête pis on se r'vire pas de bord et pis l'écorce pourri et pis la verrure disparaît en même temps. » (Madame Rémi Jodoin, Rouyn-Noranda)
 

- Vers :

« De l'eau de tremble mais faut gratter l'arbre en descendant. Faites bouillir et vous en donnez queuques gouttes. » (Monsieur L. Généreux, Guérin)
 

- Yeux (inflammation des) :

« Du lait pour guérir l'inflammation des yeux, du lait tiède dans un lave-yeux. » (Madame Ayotte, Guérin)
 

« De la racine de mûrier. Vous vous lavez les yeux avec l'eau de la racine bouillie. Ça fa' mal, c'est comme si vous jetiez du sable dans l'œil mais au bout de deux ou trois fois, le mal s'en va. Après quatre ou cinq fois, ça fait une fraîcheur. »






Comme vous voyez, la médecine populaire, si on peut l’appeler ainsi, était un mélange de médecine naturelle et de superstitions. Maintenant à savoir si ce type de soins était vraiment efficace, c’est une autre histoire.

 

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